30 % de femmes dans les postes dirigeants

30 % de femmes dans les postes dirigeants

Depuis le 1er mars, les entreprises de plus de 1 000 salariés doivent compter au moins 30 % de femmes parmi leurs cadres dirigeants et au sein de leurs instances dirigeantes. Ce seuil, fixé par la loi Rixain adoptée en 2021, vise à accélérer l’égalité professionnelle femmes-hommes, là où les avancées demeurent encore trop lentes.

La société évolue mais l’égalité réelle reste hors de portée. En 2023, à temps de travail égal, les femmes gagnent en moyenne 14,2 % de moins que les hommes. Cet écart s’explique par une combinaison de facteurs bien identifiés : surreprésentation des femmes dans les métiers les moins rémunérés, recours plus fréquent au temps partiel, interruptions de carrière liées à la maternité, mais aussi accès plus difficile aux postes à responsabilités.

Un plafond de verre toujours bien réel

Le “ plafond de verre ” désigne ces barrières invisibles qui freinent l’ascension professionnelle des femmes. Apparue aux États-Unis à la fin des années 1970, l’expression renvoie à l’ensemble des obstacles culturels, organisationnels ou sociaux qui limitent l’accès aux plus hauts niveaux hiérarchiques, sans jamais être formalisés.

Ses effets s’inscrivent dans la durée. À la retraite, les pensions des femmes sont inférieures de près de 40 % à celles des hommes, et leur patrimoine demeure plus faible. Les chiffres racontent une histoire de trajectoires professionnelles freinées bien avant le sommet.

La loi Rixain, une réponse par le quota

La loi Rixain, adoptée le 24 décembre 2021, s’inscrit dans la continuité de la loi Copé-Zimmermann, qui avait permis d’imposer 40 % de femmes dans les conseils d’administration. Mais les postes de direction opérationnelle (comités exécutifs, comités de direction, directions générales) restaient massivement masculins : en 2020, moins de 25 % de leurs membres étaient des femmes.

La loi Rixain impose donc des quotas progressifs : 30 % de femmes en 2026, puis 40 % en 2029, dans les entreprises de plus de 1 000 salariés. En cas de non- respect, les entreprises disposent de deux ans pour se mettre en conformité avant de s’exposer à des amendes pouvant atteindre 1 % de la masse salariale.

Un chemin encore long

Les premiers résultats montrent une dynamique encore inégale. (voir infographie Epicentre n°217)

La loi Rixain agit sur les postes les plus visibles, sans régler à elle seule les inégalités de parcours. Elle n’en constitue pas moins un levier structurant. Selon le Forum économique mondial, au rythme actuel, 123 ans seraient encore nécessaires pour atteindre l’égalité femmes-hommes. En fixant des objectifs clairs et mesurables, la loi entend réduire ce délai et transformer les règles du jeu.

Sophie Manuel