Cosmétique, à armes égales

Cosmétique, à armes égales

En juin dernier, s’est tenue à Orléans la sixième édition de Cosm’Innov, rendez-vous international de la recherche cosmétique. Christophe Masson, directeur de la Cosmetic Valley, rappelait les efforts de ce secteur industriel en matière de recherche scientifique et son attachement à une industrie leader en matière d’environnement et de santé.

Pour la France, qui certes est bousculée par la concurrence internationale, l’industrie cosmétique reste le deuxième contributeur de la balance commerciale. Un peu plus de 6 200 entreprises et 230 000 emplois contribuent à un chiffre d’affaires de 71 Md€. La région Centre-Val de Loire est le berceau historique de la Cosmetic Valley, de la culture des plantes à la création des parfums, en passant par la recherche scientifique.
Alors qu’il rentrait de Chine, Christophe Masson, directeur de la Cosmetic Valley, reconnaissait que « si la France est encore en haut de l’affiche, la lutte est rude. La cosmétique doit être naturelle, répondre aux besoins environnementaux, apporter une réponse au vieillissement cutané, se saisir à bon escient de la digitalisation et de l’intelligence artificielle ».
En région Centre-Val de Loire, une vingtaine d’équipes travaillent, dans les universités, au CNRS et dans d’autres laboratoires, dans le cadre notamment du programme Cosmetosciences, pour des produits plus naturels, durables, plus sains et plus sûrs, ainsi que pour des process plus écologiques et durables.
Pour la formulation, il faut composer avec les contraintes de couleurs et d’odeurs, avec des mélanges complexes de molécules aux textures différentes selon qu’elles sont naturelles ou synthétiques. Et bien sûr, être en accord avec la réglementation et les attentes du consommateur, s’affranchir de l’expérimentation sur les animaux et trouver des circuits courts sans intrants. L’entreprise Intact est le parfait exemple de cette recherche. Elle produit en région Centre, depuis peu, de l’alcool à base de betterave, sans doute le meilleur alcool pour les parfums, que les Chinois ne savent pas produire et qui leur sera bientôt vendu. Petite victoire française qui montre que la R&D fonctionne.

Concurrence internationale
En 2020, la cosmétique a été reconnue comme secteur stratégique par la France, avec l’organisation d’états généraux et d’un comité de filière. Grâce à l’appui de la région Centre-Val de Loire, la cosmétique française a un bureau à Bruxelles, où se travaille la reconnaissance du secteur par les instances européennes. « Depuis 30 ans, la réglementation européenne est protectrice à notre égard et créatrice de valeur, reconnaît Christophe Masson, mais nous avons la réglementation la plus exigeante au monde. C’est une contrainte, mais aussi un formidable atout. Cependant, de nouvelles réglementations nous inquiètent car elles relèvent parfois moins de la science que de postures politiques. Nous en appelons donc à nous en tenir aux bases scientifiques. À défaut, l’industrie cosmétique serait amenée à investir tous ses moyens de R&D dans la reformulation pour s’adapter, plutôt que dans la création de valeur ».
Comme pour le Mercosur dans l’agriculture, la France insiste pour que les produits venus de Chine, de Corée ou d’ailleurs soient soumis à la même réglementation.

Photo : Christophe Masson, directeur du pôle Cosmetic Valley ©A. Lombard

Stéphane de Laage