Energique Annick Noble

Portrait d'expert : Energique Annick Noble

Entrée en 2003 chez TotalEnergies, Annick Noble en coordonne aujourd’hui l’activité en Région Centre-Val de Loire. Une mission qui lui permet de faire valoir les valeurs de l’entreprise et d’affirmer quelques convictions personnelles qui lui sont chères.

  • l’épicentre : TotalEnergies est dans le haut du tableau des capitalisations boursières, avec près de 240 MD€ de chiffre d’affaires. Souvent critiquée pour servir les intérêts de ses actionnaires…
  • Annick Noble : La critique oublie un peu vite que le premier rôle social de l’entreprise est d’avoir des salariés. Nous sommes implantés dans 130 pays avec 105.000 salariés dont 35.000 en France. Et n’oublions pas l’ensemble des entreprises sous-traitantes qui sont autant d’emplois indirects.
    Enfin, ne perdons pas de vue qu’une entreprise est faite pour gagner de l’argent. Pas pour se remplir les proches, mais pour se développer, recruter et investir dans de nouveaux projets ou champs de recherche. TotalEnergies consacre un budget annuel de près de 5 MD$ aux énergies bas carbone et 1 MD$ à la R&D. Quant aux actionnaires, toutes les entreprises en ont, quelle que soit leur taille ; c’est pour elles une forme d’emprunt. Ces actionnaires en détiennent des parts, parfois même en s’étant endettés pour cela. Tous ne sont pas de riches investisseurs avec cigare et whiskey. C’est une forme de collaboration sociale dans laquelle chacun trouve son intérêt.
  • l’épicentre : Que répondez-vous aux critiques à l’encontre d’une entreprise pétrolière ?
  • AN : J’invite tous les gens qui ne sont pas encore convaincus des actions sociales et écologiques de TotalEnergies à venir y bosser et apporter leurs idées constructives. Une entreprise est faite des hommes et des femmes qui la composent.
    TotalEnergies se transforme en électricien renouvelable. On vise, ensemble avec la société, la neutralité carbone en 2050 avec 50 % d’électricité verte dans notre mix énergétique. Le bio gaz et les molécules bas carbone, sur lesquelles nous travaillons, complèteront ce mix à hauteur de 25%. TotalEnergies fait partie des cinq premiers investisseurs mondiaux dans la transition énergétique. Elle est même le premier développeur mondial du photovoltaïque.
TotalEnergies fait partie des cinq premiers investisseurs mondiaux dans la transition énergétique. Elle est même le premier développeur mondial du photovoltaïque.
TotalEnergies fait partie des cinq premiers investisseurs mondiaux dans la transition énergétique. Elle est même le premier développeur mondial du photovoltaïque.

« J’invite tous les gens qui ne sont pas convaincus des actions sociales et écologiques de TotalEnergies à venir y bosser et apporter leurs idées constructives »

  • l’épicentre : Au pied de l’échelle, il y a des gens qui ont envie de réussir….
  • AN : Oui, l’entreprise au sens large et TotalEnergies en particulier agit pour le bien social. Elle alloue un budget de 200 M€ sur 5 ans au travers de sa fondation d’entreprise qui opère en France au bénéfice notamment des jeunes en situation de vulnérabilité, sur des sujets d’éducation insertion, la sécurité routière, la protection des littoraux ou la restauration du patrimoine.
    Prenons “ l’école-entreprise ” Maurice Leroux, à Salbris dans le Loir-et-Cher. Un exemple parmi bien d’autres des contributions de la Fondation TotalEnergies, en partenariat avec la Fédération Nationale des Ecoles de Production. Cette école de production accueille des jeunes en difficulté scolaire qui cherchent à retrouver un chemin de réalisation dans leur vie. Elle forme aux métiers de l’usinage, des jeunes qui y acquièrent un savoir-faire pratique et recherché par les employeurs. Il s’agit pour le jeune, de “ vivre son métier sans attendre ”, avec du sens et de la réussite à la clef. En France, 2.000 jeunes ont été formés, et la dynamique se poursuit en 2025 avec l’objectif d’atteindre un réseau de cent écoles de production et 4.000 jeunes par an en France à horizon 2028. La fondation, ce sont des salariés de l’entreprise, volontaires et engagés pour cette mission sociale. Au quotidien, ils tissent des liens avec les territoires d’ancrage de la compagnie, et développent des projets en faveur de la jeunesse, du patrimoine culturel, souvent sous la forme de subventions et de chantiers d’insertion.
“L’école-entreprise” Maurice Leroux, à Salbris, soutenue par la fondation TotalEnergies, accueille des jeunes en difficulté scolaire qui cherchent à retrouver un chemin de réalisation dans leur vie.
“L’école-entreprise” Maurice Leroux, à Salbris, soutenue par la fondation TotalEnergies, accueille des jeunes en difficulté scolaire qui cherchent à retrouver un chemin de réalisation dans leur vie.

Même pas peur !

  • l’épicentre : Et la femme dans tout ça ?
  • AN : J’ai eu la chance de participer il y a quelques années à la création du Réseau TWICE, des femmes de TotalEnergies. L’objectif est d’aider les femmes dans leur évolution professionnelle. Elles sont “ mentorées ” par des collaborateurs, hommes ou femmes, plus expérimentés qui les aident à appréhender les codes de la vie en entreprise, et les conseillent sur les évolutions de carrière. Certaines participent à des ateliers pour s’affranchir du manque de confiance en soi, ou du syndrome d’imposture, à titre d’exemple. Je suis particulièrement sensible à ce type de soutien, étant moi-même femme ingénieur.
    (Une femme qui ne s’en laisse pas compter, qui enfant jouait au football, et aujourd’hui s’aligne sans complexe au départ d’un Ironman).
    Il n’y a aucune raison pour qu’il y ait des inégalités entre les hommes et les femmes, ni pour les missions, ni pour le salaire. Il y a quelques années, TotalEnergies a fait un arrêt sur image, et a su compenser le salaire des femmes.
  • l’épicentre : Vous êtes féministe ?
  • AN : Non, l’égalité ne devrait pas être un sujet.
    (Si Annick Noble évoque la trop grande modestie des femmes lors des entretiens d’embauche et de la négociation des salaires, la Centralienne a elle- même du mal à faire état de son statut d’ingénieur de haute volée).
    J’ai débuté dans l’informatique, en SSII. C’était vraiment passionnant, mais j’ai dû m’arrêter quand j’ai eu mon premier enfant. J’y passais mes nuits et mes week-ends. La maternité est le premier obstacle dans l’évolution de la carrière d’une femme. J’ai changé d’entreprise et là j’ai encadré des chantiers de pose de canalisations de gaz ; monde ô combien masculin. Les paires de bottes les plus petites qu’on me proposait étaient en 42 ! Des femmes chef de projet sur le terrain, ils n’en n’avaient pas beaucoup vu à l’époque. Il a fallu s’habituer, apprendre les codes et faire preuve de diplomatie.

“ Chacun vit son travail à sa façon. Il faut savoir laisser à chacun le soin de prendre sa vie en main et de s’épanouir. “

  • l’épicentre : Comment écrivez-vous, chef ?
  • AN : Qu’importe à vrai dire. Chef avec 2F ce n’est pas très élégant, et je n’aime pas le mot chef. Aujourd’hui je suis directrice, ce n’est ni mieux ni moins bien, et paradoxalement, à ce poste je ne dirige personne ou presque, ce que j’ai fait en revanche dans des postes antérieurs.
    Ma première motivation, c’est d’apprendre et de relever de nouveaux défis. Changer de poste, de fonction c’est très enrichissant ! Chacun vit son travail à sa façon. Il faut savoir laisser à chacun le soin de prendre sa vie en main et de s’épanouir. Le manager est là pour accompagner son équipe tout en gardant un œil sur les objectifs.
    Le travail permet à l’être humain de s’épanouir et de donner du sens à sa vie.

Annick Noble

Ingénieur diplômée de l’Ecole Centrale et Executive MBA de l’EM Lyon, Annick Noble est Directrice Régionale Centre-Val de Loire de TotalEnergies depuis Janvier 2022.
Après une carrière chez IBM Services puis Gaz de France, elle entre en 2003 chez TotalEnergies et travaille sur des sujets aussi divers que le développement du réseau de stations-services, la distribution de combustibles, la commercialisation du gaz naturel et de l’électricité, et sur des sujets de prospectives stratégiques comme l’hydrogène et le biogaz. Elle est mariée et mère de deux garçons.

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Propos recueillis par Stéphane de Laage