Le désert médical s’aggrave en Centre Val de Loire

Le désert médical s'aggrave en Centre Val de Loire

Un habitant sur trois vit dans une commune sous-dotée en médecins généralistes. Avec 70 % d’insatisfaction, la région affiche le pire taux national. Le réseau France Santé tente d’apporter une réponse.

En Centre-Val de Loire, la situation sanitaire se dégrade. L’étude Insee publiée en décembre 2025 confirme que 35 % des habitants vivent dans une commune sous-dotée en médecins généralistes. Avec 2,9 consultations disponibles par an et par habitant, contre 3,8 au niveau national, la région affiche l’un des plus faibles taux d’accessibilité aux soins de France. Seule la Guyane fait moins bien.

Une hémorragie de praticiens

Entre 2015 et 2023, le nombre de médecins généralistes libéraux a chuté de 16,9 %, soit 340 praticiens en moins. L’âge moyen des médecins atteint 52,1 ans, l’un des plus élevés de France. Seuls 25 % ont moins de 40 ans, tandis que 18 % dépassent les 65 ans. L’Indre-et-Loire fait exception avec 4,1 consultations accessibles par habitant, un niveau stable et supérieur à la moyenne nationale. À l’opposé, le Cher et l’Eure-et-Loir affichent moins de 2,5 consultations disponibles, avec près de 60 % de leur population en zone sous-dotée.

Un quotidien difficile pour les habitants

L’enquête Odoxa pour ICI menée en novembre 2025 auprès de 23 500 personnes révèle que 70 % des habitants du Centre-Val de Loire sont insatisfaits de l’accès aux soins, un record national. Consulter un généraliste relève du parcours du combattant pour 69 % des sondés, voir un spécialiste d’un calvaire pour 88 % d’entre eux. Dans le Cher, 90 % des habitants déclarent avoir des difficultés à accéder à un médecin généraliste. Pour les spécialistes, 94 % des habitants du Cher et du Loir-et-Cher estiment que c’est difficile. Les délais d’attente restent le principal grief. Pour beaucoup, consulter implique des kilomètres de déplacement, parfois jusqu’à Paris, et une journée de congé.

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Sophie Manuel