Unis pour protéger, soigner, éduquer

Unis pour protéger, soigner, éduquer

En ce début d’année 2026, Gérald Darmanin et Stéphanie Rist, ministre de la santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, devraient déposer une proposition de loi pour aller plus vite et plus loin dans la protection et l’accompagnement de l’enfance. Le texte est très attendu par les autorités locales, tout particulièrement les départements.

Michel est ce que l’on appelle un « père Solo » ; oui ça existe. L’année dernière, il devait se faire soigner pour un mal psychiatrique, mais refusait l’hospitalisation recommandée, pour que son fils ado ne soit pas « placé » pendant son absence. Grâce au relais parental d’Amilly dans le Loiret porté par la Croix Rouge, son fils a été accueilli pendant un mois, et ainsi, Michel a pu être pris en charge.
Cette histoire n’est pas exceptionnelle ; mais ce qui est remarquable, c’est qu’elle a fait collaborer un grand nombre de professionnels, de la santé, de la justice et de l’accompagnement de l’enfance, pour dénouer la situation.
On n’imagine pas à quel point la situation devient complexe, partout en France, quand il s’agit de protéger l’enfance, et souvent la petite enfance. Les besoins sont de plus en plus grands d’année en année, on en a encore vu l’exemple récemment dans le Var. Dans le Loiret, les dépenses pour le dossier enfance/famille ont augmenté de 15% en 2025. Florence Galzin est vice-présidente du Conseil départemental : « on dénombre 1400 enfants de zéro à 21 ans, pris en charge d’une façon ou d’une autre par l’action conjuguée du département, de l’ARS et des services de la préfecture ».
Ces trois institutions viennent de renouveler leur engagement pour renforcer les dispositifs de prévention et améliorer la qualité des interventions en matière de protection de l’enfance.

Au chevet des familles dysfonctionnelles

Ainsi le contrat départemental 2025-2027, a-t-il été signé dans le cadre de la stratégie nationale de prévention des enfants. Au niveau national en effet, cette stratégie de protection repose sur trois axes de travail, que le Loiret décline en 14 actions.
Le texte de loi auquel travaillent Stéphanie Rist et Gérald Darmanin vise à agir plus tôt et plus efficacement auprès des familles. Il veut renforcer l’accompagnement éducatif et psychologique, ainsi que la gestion budgétaire, pour prévenir les situations de crise, plutôt que d’y répondre lorsque les difficultés se sont aggravées.
« Il s’agit de ne pas laisser les enfants dériver dans la délinquance ou les addictions, résume la préfète de région, Sophie Brocas. Il est important d’agir de façon la plus précoce, notamment auprès des familles dysfonctionnelles qui s’enfoncent, au point que l’on n’est parfois obligé de placer les enfants ».
Le sujet est grave mais les financements suivent, pas assez bien sûr, mais elles sont là : 3,42M€ pour ce dispositif d’aide à l’enfance, financé conjointement par le département du Loiret à hauteur de 1,65M€ et l’ARS pour 1,73M€.

Le Loiret consacre 83M€ chaque année à l’enfance : Maison de l’enfance, soins psychiatriques, familles d’accueil, formation des professionnels, et enfin les relais parentaux qui devraient être quatre en 2026 avec les ouvertures prochaines de Gien, Orléans et Pithiviers. Ajoutons 482K€ de dépense complémentaire pour les « oubliés du Segur », « pour conserver les professionnels dont nous avons besoin », détaille Florence Galzin.
Soulignons enfin, la cohérence des dispositifs, qui s’exprime dans le CDPE, comité départemental de protection de l’enfance, qui regroupe depuis 2023, l’ensemble des partenaires impliqués, de la protection judiciaire aux institutions locales, en passant par les associations et le département bien sûr. « Ce n’est pas un machin de plus, assure Marc Gaudet, président du département, c’est un outil efficace pour se connaître et travailler ensemble ».

Stéphane De Laage