L’interdiction des réseaux sociaux se généralise

L’interdiction des réseaux sociaux se généralise

L’Australie a interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. La France s’apprête à suivre cette voie en septembre prochain avec une limite fixée à 15 ans. Mais entre contournements massifs et questions de vie privée, cette interdiction soulève quelques interrogations.

L’Australie est devenue, depuis le 10 décembre 2025, le premier pays au monde à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat ou encore YouTube doivent désormais vérifier l’âge de leurs utilisateurs australiens par reconnaissance faciale et pièce d’identité, sous peine d’amendes. Le Premier ministre Anthony Albanese a annoncé la suppression de 4,7 millions de comptes d’enfants en un mois.

Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les enquêtes révèlent que les adolescents contournent massivement l’interdiction : VPN, fausses moustaches dessinées pour tromper la reconnaissance faciale, utilisation des comptes de majeurs ou création de faux profils. Pire encore, beaucoup migrent vers des plateformes exemptées comme WhatsApp ou vers des espaces moins régulés et plus opaques.

La Chine : un modèle de régulation

La Chine applique depuis longtemps une approche radicalement différente. Sur Douyin, la version chinoise de TikTok, les mineurs de moins de 14 ans sont automatiquement basculés en “ mode jeunesse ” avec des contenus éducatifs en sciences, histoire ou arts. Le temps de consultation est limité à 40 minutes par jour et l’application est inaccessible entre 22h et 6h.
À l’inverse, TikTok international ne propose aucune limite de temps et met en avant des contenus de divertissement : danses, challenges, pranks. Cette différence de traitement interroge.

France : une loi votée

Adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026, la proposition de loi interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Son entrée en vigueur est prévue pour septembre 2026, avec 73 % des Français favorables selon Harris Interactive. Mais cette mesure consensuelle soulève des interrogations.

D’abord sur la vérification d’âge : tous les utilisateurs devront prouver leur identité, créant une forme d’identité numérique généralisée. Emmanuel Macron évoque un “ tiers de confiance ” géré par le ministère de l’Intérieur. La centralisation de telles masses de données sensibles inquiète, d’autant que l’Urssaf, France Travail et la CAF ont récemment subi des fuites massives.

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Sophie Manuel
Crédit photo : Adobe Stock