Savoie, des idées dans l’adversité

Savoie, des idées dans l'adversité

La France est ainsi faite qu’elle ne se laisse jamais aller au désespoir. Bien au contraire. Face à l’adversité, elle réagit en tâchant de faire mieux qu’avant. En Savoie, comme partout ailleurs, les exemples sont nombreux. On en a choisi deux.

Branle-bas de combat en forêt savoyarde

Depuis 2022, les forêts de Savoie subissent les assauts des scolytes, un insecte qui attaque les arbres et les fait dépérir par la faute des champignons qu’ils inoculent. Les 217 000 ha de forêt, soit un tiers du territoire savoyard, pourrait être touché à terme. La gestion est rendue d’autant plus difficile que cette forêt est pour moitié publique et l’autre privée, avec 58 000 propriétaires. Pour autant, l’État et le Conseil départemental ne perdent pas espoir, et ont créé une cellule de crise à laquelle sont associés le CNPF, Centre national de la propriété forestière, l’ONF, et la Chambre d’agriculture Savoie Mont-Blanc. Ensemble. Ils ont développé un plan d’action articulé en quatre axes : connaissance, mobilisation des bois touchés, valorisation des bois “ scolytés ” et renouvellement forestier.
Dans son malheur, le bois atteint par le champignon que transmet le scolyte, garde malgré tout ses qualités intrinsèques, et notamment structurelles, donc toujours propice à la construction, à condition toutefois qu’il soit abattu suffisamment tôt.

Le pôle Excellence-Bois anime donc dans le département des actions de sensibilisation à destination des donneurs d’ordre et des acteurs de la filière. Avec l’association des communes forestières, il accompagne les architectes et les maîtres d’ouvrage dans leur projet de construction en épicéa scolyté. Tous les acteurs de la filière Bois, de la plantation à la construction, en passant par l’abattage et la transformation, sont en action pour maintenir leur forêt debout.

Écolo le fromage !

Vendre plus de fromage, c’est bien pour l’économie du pays. Mais cela pose la question de l’écologie pour l’emballage et le transport. Alors que Les caves du Beaufortin s’agrandissent et se modernisent chaque année un peu plus, la coopérative laitière a choisi d’innover en créant de nouveaux emballages, plus respectueux de l’environnement.
Ces dernières années, pour permettre aux touristes de repartir dans leurs régions avec quelques morceaux du précieux Beaufort, la coopérative avait installé des distributeurs automatiques dans lesquels se trouvent des pièces de 100, 200 ou 500 g de fromage sous vide, donc sous emballage plastique.
Mais désormais, c’est dit, le plastique n’aura plus cours. Un emballage recyclable à 80 % a été conçu à base de carton fourni par un cartonnier local. Pour conserver le fromage à plus long terme, la coopérative commercialise un film alimentaire réutilisable, le Cirophane. Un concept réalisé dans les Alpes, alternative à la cellophane et au papier aluminium, à base de tissus écologique, certifié 100 % coton et cire d’abeille française. Qu’on se le dise, le fromage aussi, est écolo !

Stéphane de Laage